C’était les vacances. Il faisait beau. J’avais prévu de passer deux jours à Paris avec au programme la visite du quartier Montmartre avec passage par la rue Lepic en quête du café des deux moulins (Ah ! Amélie !). Ouais, le vrai cliché du touriste ! Il était également prévu la ballade aux Champs Elysées jusqu’à Notre Dame. Le soir rendez-vous à la Comédie Caumartin pour voir la pièce « J’aime beaucoup ce que vous faites » (Très sympa !) et puis surtout, dès la sortie de la gare le matin, la mise en marche vers le 22, rue Huyghens, où se situe les vénérables éditions Albin Michel ! Et oui !
J’avais donc fait marcher l’imprimante la veille de partir et j’avais retouché la lettre d’accompagnement que j’ai mise à l’attention de Madame Françoise Chaffanel-Ferrand, directrice littéraire. Non, je ne la connais pas du tout mais j’ai lu un article sur elle et sur son travail avec Patrick Bauwen sur le roman L’œil de Caine. L’article m’a décidé à lui destiner mon roman même s’il atterrira au final entre d’autres mains.
Je sors de la Gare Montparnasse, mon sac à dos sur les épaules, la moitié du poids revenant à mon manuscrit. Le tombeau du Phénix est précieusement enfoui dans la poche arrière de mon sac, là où les pages ne risquent pas de se froisser et où la lettre d’accompagnement ne peut pas s’égarer. Je file sur le Boulevard Edgar Quinet jusqu’au long mur qui ceinture le cimetière et puis je tombe sur la rue Huyghens. Mon regard est affolé et se pose sur une inscription posée sur une vitrine « Albin Michel ». De l’immeuble en forme de paquebot, je n’ai vu que la proue. Les grandes vitres sont recouvertes d’affiches promotionnelles des auteurs vedettes et l’on ne distingue rien de l’intérieur. L’imagination prend rapidement le relais. Des bureaux ? Un grouillot d’auteurs célèbres ? Une bibliothèque ? Les épreuves des prochains best-sellers ? Tout y passe…
Je fais face à la porte d’entrée. Une affiche me fait prendre peur. Les éditions ont-elles une fermeture annuelle ? Non, rien de cela. Seulement les horaires d’ouverture et de fermeture changent. Quelle heure est-il ? 9h30… Aucun souci, ce doit être ouvert. Et j’entre.
Que se passe-t-il ? Rien. Absolument rien. L’atmosphère est légère et la lumière douce est apaisante. Alternance de bois et de lames de cuivre, j’approche du guichet de l’accueil ou la réceptionniste m’adresse un sourire rassurant. Je lui annonce que je viens lui apporter un manuscrit. Je crois voir son expression changer. J’y vois de la déception… Un énième manuscrit, une routine visiblement pesante. Petit sentiment de honte pour moi, j’ai presque envie de m’excuser mais moi aussi je veux tenter ma chance. Je sors le manuscrit de mon sac et elle me demande si j’ai bien pensé à joindre mes coordonnées. Je lui montre qu’elles sont présentes sur le manuscrit et sur la lettre. Elle acquiesce et je la remercie. De quoi, je ne sais pas, mais je la remercie.
Je repars, le sac à dos plus léger, et le soleil sur le visage. La journée s’annonce vraiment bien. Vive les vacances !
Pourquoi avoir choisi les éditions Albin Michel ? Est-il vraiment nécessaire que je me justifie ? J Maxime Chattam qui était chez Michel Lafon s’est retrouvé chez eux, Jean-Christophe Grangé est un abonné de la première heure, et puis je ne vais pas les citer tous, il y a tellement d’auteurs prestigieux… Oui, un rêve ! Et c’est pour cela que l’on pense en premier lieu à eux. Si vous voulez bien croiser les doigts avec moi, je crois que ce ne sera pas de trop ! J
/image%2F1043530%2F20140512%2Fob_aa7803_img-2099-nb-compresse.jpg)